Handicap : La macronie choisit l’inaction politique

Politique d’austérité et coupes budgétaires : le handicap en première ligne

Je me suis déjà exprimée plusieurs fois à ce sujet, de mes réseaux sociaux à la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale : le handicap et les personnes en situation de handicap sont les grands oubliés du gouvernement Barnier. L’absence d’un ministère dédié raisonna comme le premier triste signal envoyé aux neuf millions de personnes en situation de handicap dans notre pays.

La lutte pour le respect des anciens droits et la conquête de nouveaux doit s’amplifier et s’inscrire dans les priorités politiques. Au bout de 50 jours, premier bilan : Barnier et son gouvernement n’ont envoyé aucun signal positif à ce sujet. Au contraire.

Un projet de loi de finances plus austéritaire que jamais est actuellement présenté par le gouvernement à l’Assemblée nationale. À voir la période d’austérité qu’annoncent les coupes budgétaires prévues, il est à craindre que les politiques pour l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de handicap soient encore davantage sacrifiées. Concrètement, ces coupes se traduisent par un mal ou non-accueil des élèves en situation de handicap à l’école, une incapacité à trouver un logement adapté, le non-remboursement des équipements nécessaires et l’absence de services publics adaptés.

Or, des moyens financiers doivent être déployés en urgence pour garantir l’accès aux droits. La précarité, qui frappe massivement le pays (près de dix millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, 330 000 personnes non-logées dont plus de 2 000 enfants…), touche de manière singulière les personnes en situation de handicap. Un taux de chômage bien supérieur à l’ensemble de la population, une AAH insuffisante (1016€/mois, soit 200€ sous le seuil de pauvreté) : les personnes en situation de handicap sont surexposées à la pauvreté.

Baisse du budget de l’AGEFIPH : la casse a déjà commencé 

Le projet de loi de finances 2025 prévoit de raboter de 100 millions d’euros le fonds accordé à l’AGEFIPH (Association aide à l’emploi personnes en situation de handicap).

En supprimant 20% de son budget, le gouvernement menace des milliers d’accompagnements, de formations et de financements indispensables à l’emploi des sept millions de travailleurs en situation de handicap, déjà confrontés à des contrats précaires, à des situations de travail inadaptées, à des discriminations à l’embauche. Ces aides sont primordiales pour la création d’activité mais permettent surtout d’inciter les entreprises à respecter la loi de 1987, instaurant un quota d’embauche de 6%, contre 4% dans le privé aujourd’hui.

La droite et l’extrême droite reprennent en cœur des mensonges destinés à justifier les coupes budgétaires du gouvernement. Leur parade ne tient pas : l’Agefiph est un système vertueux et auto-financé. Les cotisations sociales qui découlent des emplois pourvus sont également une source de financement pour la Sécurité Sociale. Le budget de la sécurité sociale est-il excédentaire au point de nous passer de sources de  financements ? On serait bien étonné de l’apprendre.

Précarité : la macronie choisit l’impuissance politique

La  précarité des personnes en situation de handicap est encore accrue pour celles et ceux qui ont besoin d’un fauteuil. Macron n’a pas tenu sa promesse du remboursement intégral des fauteuils manuels et électriques, quand bien même cette dépense se chiffre en milliers d’euros pour les utilisateurs et utilisatrices. Le Nouveau Front populaire mène désormais cette bataille : c’est en ce sens qu’il y a quelques semaines, j’ai co-signé la proposition de loi de mon collègue Sébastien Peytavie pour le remboursement intégral des fauteuils roulants par l’Assurance Maladie (https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0203_proposition-loi).

Suspendue dans la précédente législature avec la dissolution de l’Assemblée, elle sera mise une nouvelle fois sur la table. Nous verrons si les macronistes et les deputé·es RN sont prêt·es à voter contre, ou s’ils décident d’esquiver encore leur responsabilité. Eux qui ont fait en sorte, main dans la main avec le gouvernement, de ne pas rétablir et renforcer l’impôt sur la fortune (ISF). Eux qui, à longueur de journée, débitent des arguments économiques fantasques pour justifier leur refus de justice sociale quand nous trouvions 60 milliards d’euros de recette qui permettraient de mettre fin à la saignée budgétaire proposée dans le Projet de Loi de Finance.

Macron n’a pas pour ambition d’aller vers une société véritablement inclusive

Dans un rapport publié le 17 septembre, la Cour des comptes qualifie la mise en œuvre des dispositifs mis en place pour accueillir les élèves en situation de handicap de « fragiles ». Lors de la grève intersyndicale du 1er février dernier, les enseignant·es s’inquiétaient d’une « école inclusive sans moyens » : des classes surchargées et des équipes enseignantes insuffisamment formées et accompagnées. Nombre d’élèves subissent des parcours scolaires discontinus pour ces raisons. Un piétinement de l’égalité des chances.

L’accessibilité des logements, elle aussi, continue de faire défaut. La diminution du nombre de logements accessibles construits induite par la loi ELAN de 2018 rend aujourd’hui encore plus difficile l’accès à un logement adapté. Il en incombe trop souvent aux personnes en situation de handicap de financer elles-mêmes leurs travaux de mise en accessibilité, quand bien même elles sont surexposées à la pauvreté. Nous ne devons pas nous satisfaire des 20% de logements neufs accessibles, car c’est nier aux personnes en situation de handicap leur liberté de mener leur vie sociale, familiale et affective comme elles le souhaitent. Une rupture d’égalité révoltante que nous devons combattre de toutes nos forces.

Parce que la protection et la conquête de nouveaux droits pour les personnes en situation de handicap est une priorité, je prends en ce début de mandat trois engagements :

  1. Je m’engage à interpeller durant le mandat les ministres à chaque fois que les droits des personnes en situation de handicap ne sont pas respectés.

  2. Je m’engage à rencontrer et travailler avec les associations et collectifs de personnes en situation de handicap pour porter leurs revendications.

  3. Je m’engage à porter des amendements dans le cadre du PLF et participer à l’élaboration de propositions de loi pour l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de handicap.

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