Question écrite à l’attention de de Mme la ministre du travail et de l’emploi :
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi attire l’attention de Mme la ministre du travail et de l’emploi sur la situation de quatre inspecteurs élèves non titularisés sans justification au terme de leur parcours au sein de l’Institut national du travail de l’emploi et de la formation professionnelle de Marcy-l’Étoile. Ces quatre inspecteurs élèves/stagiaires ont obtenu de bonnes notes et des évaluations positives au cours de leurs 18 mois de formation, qui ne sont pas sans sacrifice pour eux (déménagement, coût financier, éloignement familial). Leur titularisation permettrait d’améliorer les conditions de travail des agents eux-mêmes, souvent confrontés à une surcharge de dossiers. Dans le Rhône par exemple, 13,85 % des postes à l’inspection du travail sont vacants. La titularisation permettrait ainsi de garantir une meilleure couverture du territoire, à l’heure où la direction générale du travail recense plus de 230 morts, faisant déjà de 2024 une année noire. L’insuffisance des effectifs d’inspecteurs du travail constitue un frein majeur à l’application rigoureuse du code du travail et, de fait, à la protection des droits des travailleurs et travailleuses. Cette situation engendre des délais d’intervention parfois très longs, limitant l’efficacité des contrôles, particulièrement dans les secteurs les plus à risque comme la construction ou l’industrie manufacturière. Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2024, M. Olivier Dussopt avait annoncé la création de 100 nouveaux postes par voie de détachement. Quelques mois plus tard, cette création était enterrée. Dans un rapport datant du 28 février 2024, la Cour des comptes révèle que l’inspection du travail est le principal contributeur aux économies d’emplois, qui a perdu 16 % de ses effectifs, soit près de 740 ETP (équivalents temps plein) entre 2015 et 2021. Ce sont aujourd’hui près de quatre millions de salariés qui n’ont pas accès au service public de l’inspection du travail, faute de recrutement suffisant ces dernières années. Eu égard à cette situation, elle souhaite connaître les raisons du blocage de la titularisation des quatre élèves stagiaires de l’INTEFP et plus largement les moyens proposés par le Gouvernement pour renforcer les effectifs des services de l’inspection du travail, qui assure la sécurité et la protection des droits des salariés du pays.

