Ces dernières semaines, de nombreux collectifs, associations et syndicats de ma circonscription m’ont exprimé leur inquiétude quant au projet de loi de finances proposé par le Gouvernement Barnier. Mon combat à l’Assemblée leur est dédié. Les député·es insoumis·es sont mobilisé·es jour après jour, en commission et en hémicycle, pour démontrer qu’une gestion des finances publiques plus juste est possible. Nous ne laisserons pas les libéraux de tous bois imposer leur détricotage de notre système de protection sociale, attaquer les solidarités et hypothéquer notre avenir en rabotant le budget dédié au Ministère de la transition écologique. Mais alors, qui a couru à la rescousse de ce budget de la guerre sociale ? Par cette note de blog, je souhaite revenir sur ces dernières semaines d’un combat acharné et les observations qu’on peut en tirer.
Le RN empêtré dans ses contradictions
Du lundi au samedi, de 9h du matin jusque tard dans la nuit, nous avons assisté au spectacle du naufrage de l’extrême droite. Une stratégie bien malmenée par le RN, forcé de ménager la chèvre et le chou : en commission des finances, ils votent contre l’abrogation de la réforme des retraites. Puis les voilà qui se pressent en hémicycle pour formuler une proposition d’abrogation de la réforme des retraites mal ficelée, aux moyens de financement imprécisés. Cette proposition n’est en rien une proposition de conviction mais bien de circonstances, une tentative de faire un coup de communication sur la vie des gens.
Cette contradiction ne pouvait qu’éclater au grand jour dans cette séquence, tant elle a gonflé depuis leur campagne des législatives. En juillet dernier, tous les instituts de sondages avaient accordé leurs violons sur une large victoire du RN. Médias et instituts les donnaient grands gagnants à longueur de journée, pariant sur la composition de leur gouvernement et spéculant cyniquement sur l’expérience d’une France gouvernée par Bardella et ses troupes d’extrême-droite. Alors qu’ils se voyaient déjà en haut de l’affiche, ils n’ont fait que reculer sur leurs prétendues mesures sociales : Bardella annonce le 11 juin chez RTL que l’abrogation de la réforme des retraites n’est « plus une priorité », puis annonce six jours plus tard dans les colonnes du Parisien que la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité est renvoyée à un « second temps ».
L’objectif du parti lepéniste est de prendre la tête de la droite, à la faveur de l’effondrement du bloc macroniste. Toucher du bout des doigts cette éventualité les a forcés à sortir du bois et à assumer leur stratégie économique : elle est libérale et défend les plus riches. Elle assèche les finances publiques exactement comme l’a fait Bruno Le Maire, faisant exploser la dette de notre pays et justifiant ainsi toujours plus d’austérité. Pourtant, les Français·es ont donné une majorité au NFP en juillet dernier, faisant le choix de la défense des services publics, de la justice fiscale et de l’unité du peuple. Un camouflet qui les contraint à réajuster sans cesse leur stratégie, en composant avec les contradictions entre leurs discours et la réalité de leur programme d’arnaque sociale.
Quand l’illusion d’une opposition au système s’effrite
Depuis 2022 et l’arrivée à l’Assemblée d’un groupe insoumis multiplié par cinq, les macronistes caquètent en cœur à qui veut bien l’entendre qu’il existerait une porosité idéologique entre les projets de société portés par les insoumis et les député·es RN. Depuis le début de l’examen du projet de loi de finance, nous avons eu la démonstration que cette rengaine éculée ne correspond aucunement à la réalité des débats qui rythment nos journées.
Au-delà des idées reçues récitées par les éditorialistes et autres écumeurs de plateaux télé, qu’en est-il sur le fond, dans les votes sur le budget ? Les accointances des députés du Rassemblement National avec les macronistes est frappante lorsqu’il s’agit de défendre les mieux lotis. Nous en avions eu un avant-goût avec le refus de voter la destitution de Macron proposée par le groupe parlementaire insoumis, puis la motion de rejet du gouvernement Barnier portée par le NFP. La logique se poursuit au moment de l’examen du budget, un texte structurant pour la vie des Françaises et des Français : il structure le partage des ressources à l’échelle de l’État, qui permettent à chacun et chacune de mener une vie digne. Le RN renoue donc avec ses racines libérales, soigneusement cachées sous le tapis pendant les quinze dernières années.
Un budget plus juste est possible et nous l’avons prouvé
À longueur de journées, contre la volonté populaire, le RN vole au secours du bloc macroniste et tente de rejeter la partie recettes du projet de loi de finances, que les insoumis·es et le NFP avaient amendée de façon à répartir justement les efforts qui doivent être consentis pour rééquilibrer les comptes publics. Contre la volonté populaire, ils votent contre l’augmentation de la flat tax, contre le retour de l’exit tax et contre la taxe sur les superprofits des grandes entreprises. Ces propositions sont autant de pistes pour récupérer un argent généreusement octroyé à coup de milliards depuis trop longtemps, sans aucune condition d’engagements sociaux ou environnementaux. Alors que des plans de licenciements massifs sont annoncés dans tous les secteurs de notre économie, ce positionnement est plus que jamais insoutenable.
La mobilisation de cette pitoyable assurance-vie de la macronie qu’est le RN n’est pas suffisante pour battre les majorités que nous parvenons à construire avec le NFP. En faisant adopter nos amendements en commission des finances et en hémicycle, les député·es insoumis·es sont parvenu·es à récupérer 105 milliards d’euros de recette à l’heure où je vous écris. Ces recettes peuvent financer ce qui profite au plus grand nombre : l’école, l’hôpital ou encore un logement digne pour toutes et tous. C’est le sens du bien commun qui guide notre action, commission après séance en hémicycle, défense d’amendement après nuit blanche. Nous insoumis·es avons prouvé notre capacité à gouverner et nous tenons prêts à le faire.
Car la prochaine étape est évidente : le gouvernement va tomber, entraînant dans sa chute sa politique austéritaire rebattue qui a été majoritairement rejetée lors des dernières élections législatives. Le seul suspens se situe au niveau de la temporalité. Alors que le bloc central déserte depuis juillet les bancs de l’hémicycle pour s’enliser dans des querelles d’égos froissés, combien de temps le Rassemblement National assumera-t-il de lier son destin à celui de Macron et sa clique ? Les troupes de Marine Le Pen ont d’ores et déjà annoncé qu’elles voteront contre notre projet de loi de finances NFP-compatible cet après-midi. Les voilà donc prêts à remettre une pièce dans la machine Barnier, pour un nouveau tour d’austérité.

