La naissance des septembristes : flamboyance d’un peuple qui gronde.

Le macronisme aux origines d’une situation sociale catastrophique en France.

Un français sur six (10,5 millions de personnes) vit sous le seuil de pauvreté dans notre pays. Et rien ne va en s’arrangeant. Et c’est pareil pour le nombre d’enfants à la rue à la suite d’un refus d’une place d’hébergement d’urgence, chiffre qui atteint 2 159 enfants à la rentrée scolaire 2025, situation sur laquelle je reviens dans une tribune à Politis.

Une situation sociale alarmante, car se loger devient de plus en plus compliqué, quand 350 000 personnes sont sans domicile fixe et que ce nombre suit une progression exponentielle depuis l’élection d’Emmanuel Macron ; quand les listes d’attentes pour un logement social sont à rallonge et que de l’autre côté la construction est à l’arrêt ; quand les logements accessibles sont introuvables et que les handicaps se renforcent face à un environnement de plus en plus hostile ; quand cet abandon de l’État provoque la mort de 855 personnes de la rue en 2024.

Une situation sociale dégradante quand le travail n’est plus suffisamment rémunéré face à l’augmentation des prix (alors même que le capital et les riches ne cesse de s’engraisser) ; quand le travail en lui-même se raréfie, mais que les libéraux ne cessent de s’attaquer aux derniers filets de sécurité qu’il nous reste, que sont l’assurance chômage et le RSA ; quand nos services publics se raréfient, qu’une place à l’hôpital est une chance et que l’obtention d’un titre de séjour devient impossible à cause de la fermeture des guichets ; quand toutes leurs attaques provoquent une explosion de la pauvreté et du sans abrisme.

Le nouveau budget austéritaire et de casses sociales de Bayrou et Macron

À cette situation désastreuse s’ajoute l’annonce d’un budget de l’État et d’un budget de la Sécurité sociale absolument indigne. François Bayrou, en tant que grand exécutant d’Emmanuel Macron nous annonce grand sourire aller chercher 44 milliards d’euros d’économies vitales pour le pays. Et bien sûr, il veut aller chercher ses économies dans les poches des plus précaires. Maintenir les privilèges sans se rendre compte de la colère qui monte dans le pays, du fait de l’absence de justice sociale et fiscale. Coupant directement dans les dépenses de santé, dans le budget des collectivités, dans les aides sociales à travers une année blanche (c’est-à-dire une année où les prestations et hausse du salaire minimum ne suivrons pas le cours de l’inflation), ou encore par la suppression de deux jours fériés qui deviendront des jours travaillés mais non payés, Bayrou confirme avec violence et provocation son ambition de s’en prendre aux classes populaires et aux travailleurs. 

À titre d’exemple, les 5,3 millions de baisses prévues dans le budget des collectivités territoriales sont supérieures au budget total de la ville de Lyon et de la Métropole de Lyon réunis ! Les mesures de Bayrou, ce sont des places de crèches en moins, des postes de sapeurs-pompiers non fournis et des rénovations d’écoles pas faites.

La baisse du nombre de fonctionnaires (3 000 dès 2026) et le non-remplacement d’un tiers des départs à la retraite dès 2027, c’est-à-dire environ 15 000 emplois par an, portera des conséquences lourdes dans nos vies quotidiennes. Côté professeurs, entre 3000 et 6000 étaient manquants à la rentrée 2025 et les perspectives sont sombres. Et, que dire de nos effectifs de police, d’infirmier·es, d’agents de France Travail ou de chercheur·ses ? 

Ce budget et la politique de Macron est un désastre sur tous les plans. Humain et social, comme nous l’avons vu, mais aussi économique, car réfléchir un budget en termes de dépense uniquement, sans se poser la question des recettes épargne les plus grandes fortunes, qui ne participent pas à l’effort national.  La dette a augmenté de plus de 1000 milliards d’euros depuis l’élection de Macron en 2017, conséquence de la suppression de l’ISF (impôt sur la fortune qui ne concerne que les plus riches) et de la distribution aveugle d’aides aux entreprises, sans s’assurer de leur utilité et de leur apport. Par exemple, Arcelor Mittal a reçu 300 millions d’aides publiques en 2023 et souhaite délocaliser quelques mois plus tard, tout en licenciant  plus de 600 personnes. Ce qui nous coûte cher, c’est cette volonté sans faille des macronistes d’enrichir ceux qui sont déjà les plus riches.

Dans ce contexte, il est hors de question de laisser la situation économique, et par conséquent, sociale et politique se dégrader. Nous ne pouvons pas rester assis pendant que des milliers de personnes meurent de faim en France et n’arrivent plus à se loger. La colère du peuple gronde et elle résonne avec les revendications que nous portons depuis la naissance de la France insoumise, et même avant.

Nous incarnons une réelle alternative, qui rompt véritablement avec la politique néolibérale qui nous est servie depuis des années. Il faut résorber le déficit par la relance, financée par la mise en place d’un impôt plus juste et plus progressif – comme nous le proposons en passant à 14 tranches d’impôt au lieu de 5 – en mettant en place l’impôt universel pour les multinationales et la « taxe Zucman », qui prélève 2% sur le patrimoine des ultra-riches. En face de la spirale de récession causée par l’austérité dans laquelle Bayrou et Macron nous amènent, nous proposons la relance sociale et écologique.

La mobilisation pour face à leur stratégie du chaos

Les annonces de Bayrou étaient la goutte d’eau de trop, celle qui provoque le mouvement populaire massif autour d’un appel commun contre la vie chère et pour une vie digne, qui se cristallise autour de la date du 10 septembre.

La stratégie du chaos des macronistes et de l’extrême-droite, qui consiste en la division du peuple en usant des systèmes de domination comme force de division – par le racisme, la haine des étrangers, le sexisme, les LGBTIphobies ou encore le validisme – ne peut pas faire face à la détermination du peuple à se rassembler et à revendiquer une vie digne. Le 10 septembre, ce seront toutes celles et  tous ceux qui subissent ce système de domination capitaliste qui se soulèveront pour bloquer le responsable de leur situation : Emmanuel Macron. Ce mouvement peut aboutir en une force de blocage qui obligera celles et ceux qui tiennent le pouvoir politique depuis des décennies à le lâcher. Le 10 septembre peut-être le point de départ d’une mobilisation historique qui forcera Emmanuel Macron à lâcher le pouvoir et à redonner au peuple sa capacité à choisir un autre avenir, par le vote. La prétendue “stabilité” que les libéraux appellent de leurs vœux, ne peut être obtenue que par leur départ, car ce sont eux les ordonnateurs du chaos. La France insoumise accompagnera, sans prendre le dessus ni accaparer, le mouvement du 10 septembre.

Face au peuple qui s’organise, Bayrou use de tous ses stratagèmes pour court-circuiter le mouvement et maintenir l’ordre existant. Sa volonté de demander la confiance de l’Assemblée nationale est saluable. Le faire le 8 septembre, deux jours avant la grande journée de blocage, ne poursuit que le but d’éteindre le mouvement dans l’œuf. Ça ne fonctionnera pas.

Dans toute démocratie fonctionnelle, où le gouvernement est responsable devant la représentation du peuple, le chef du gouvernement ne peut pas prendre fonction sans s’assurer du soutien d’une majorité des membres du Parlement. En France, non seulement l’Assemblée nationale n’est plus consultée quant à son soutien au premier ministre depuis 2022 – la question de confiance du 8 septembre étant la première depuis trois ans – mais en plus, François Bayrou a attendu neuf mois après sa prise de fonction pour s’assurer que l’Assemblée nationale le soutienne. Derrière le vernis d’un geste « Républicain », c’est en réalité un gros aveu de faiblesse : la majorité macroniste est incapable de convaincre par ses politiques antisociales. Elle n’a plus qu’un moyen, chercher à se légitimer par le choix de porter un budget “courageux” alors qu’il n’est que la théâtralisation d’un Bayrou se sachant mis dehors, et préférant se donner des allures responsable devant une Assemblée nationale irresponsable. 

Alors oui, on va renverser Bayrou et son gouvernement, c’est une première étape. On va le faire tomber, car nous nous opposons à toute sa vision du monde. La macronie n’a plus aucune légitimité, elle perd toutes les élections, mais a réussi à se maintenir au pouvoir par de minables stratagèmes, en bafouant les résultats des urnes.

Ce qui compte aujourd’hui, ce n’est plus le départ de Bayrou qui est acté. C’est que les choses changent, et seul le départ du monarque présidentiel Emmanuel Macron peut permettre l’ouverture de ce changement.

La rupture en perspective

La Vᵉ République vit son énième point de blocage, son énième crise politique et institutionnelle. Le système actuel a montré ses limites : concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président de la République, affaiblissement du rôle du Parlement, marginalisation des citoyens dans les grandes décisions qui engagent pourtant leur avenir. Cette architecture institutionnelle vieille de plus de soixante ans, est totalement dépassée.

Il est donc temps de redonner au peuple le pouvoir de décider de ses institutions et de leur fonctionnement. Cela ne peut se faire que par un véritable processus constituant, où toutes et tous sont appelés à participer, à débattre, à confronter leurs idées et à porter leurs revendications. Une assemblée constituante élue, pluraliste et ouverte, permettrait de refonder les règles du jeu démocratique et de replacer la souveraineté populaire au cœur de la République.

Un nouveau régime républicain et démocratique doit voir le jour, garantissant davantage de transparence, de participation citoyenne et de contrôle sur les élus. Le temps de la VIᵉ République est venu : une République du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Le contre-feu ne marchera pas, ils vont tous tomber et la Vᵉ République avec.

Nous sommes dans l’ère du peuple. Le peuple n’est pas une abstraction, quelque chose sur lequel les puissants peuvent s’essuyer sans en subir les conséquences. Le peuple est un acteur politique collectif et conscient. Le moment politique que nous vivons est structurant. Il ouvre la porte à un changement de trajectoire historique. Ça n’est pas une crise, mais une rupture. Le peuple va se mettre en marche, animé par une volonté commune de prendre la parole, de faire entendre ses revendications, de décider pour lui-même. 

Le 10 septembre, on les fait tous tomber. Les défenseurs de l’ordre capitaliste, Bayrou, Macron, Retailleau, Darmanin. Et avec eux, l’ordre capitaliste lui-même.

Le 10 septembre, c’est la grève générale.

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