Belle année sous le signe de l’engagement

Chers Lyonnaises et Lyonnais, chers amis,

C’est avec une grande émotion que j’ai célébré ce weekend avec 300 d’entre vous, cette nouvelle année 2025. C’était pour moi la première fois que je prononçais des voeux. J’en avais pourtant déjà écouté un certain nombre. Assez peut-être pour savoir qu’il est traditionnellement d’usage de dire que l’année qui vient est différente des autres et qu’elle nous offre opportunités, accomplissements, émancipation individuelle comme collective. Alors, je pourrais vous dire cela, sans le croire et pour le sens de la formule. Mais celles et ceux qui me connaissent le savent, cela ne me ressemble pas. Et je préfère vous dire le fond de ma pensée. 

Ce que je pense, c’est que l’année qui vient est singulièrement décisive. Tant pour répondre aux crises que notre pays traverse, que pour en éviter d’autres nombreuses qui menacent. Et c’est dans l’accomplissement face aux difficultés que nous avons traversées en 2024, que je pense que nous pouvons extraire de quoi aborder 2025 de la meilleure des façons.

2024 aura pour moi et pour toujours un goût particulier. Celui d’avoir vu le pays trembler autant que se passionner, craindre autant qu’espérer, et finalement résister ! Les mois de juin et de juillet 2024 doivent nous rester en mémoire, comme une période de mobilisation, d’émulation et de participation populaire rare et précieuse. Je veux donc remercier chaque personne qui s’est engagée, des équipes de campagnes aux isoloirs, parfois pour la première fois parfois pour la dixième, pour vaincre ensemble le destin macabre que l’on nous annonçait, et nous donner collectivement espoir.

L’année passée : 

Alors avant tout, permettez-moi de revenir sur l’année écoulée. Une année difficile pour beaucoup, marquée par l’émergence de défis multiples : des tensions sociales, une crise du pouvoir d’achat qui touche chaque foyer, des enjeux environnementaux urgents qui deviennent de plus en plus visibles à l’internationale, une crise politique et institutionnelle impulsée depuis l’Elysée. Mais face à ces défis, nous avons aussi montré notre résilience. Nous, Lyonnaises et Lyonnais, avons par nos actions, par nos engagements, prouvé que nous étions capables de nous soutenir, d’agir ensemble, et de défendre des valeurs essentielles. Par notre implication dans les collectifs et les associations, nous avons fait vivre la solidarité, l’équité, l’engagement pour la justice sociale, le respect des droits humains et la lutte contre les inégalités. 

Les vœux se tenant traditionnellement en janvier, j’en profite pour rappeler un constat que l’on doit toujours garder à l’esprit. Celui que dans notre pays, dans notre ville, des enfants, des femmes, des hommes vivent et dorment dans le froid. Sans abri, sans chaleur, sans considération. Chaque coin de rue, chaque passage sous un pont, chaque banc de parc devient pour eux un lieu de solitude, un lieu où la mort guette, un lieu où l’humanité semble se dissoudre dans l’indifférence de notre époque. Mais face à cette tragédie silencieuse, il est en nous une force, une lueur d’espoir, qui se trouve dans le cœur de ce qu’est l’engagement. Et ce, qu’il soit associatif, politique ou simplement citoyen. C’est cette force qui permet de penser un autre monde. 

Car, loin d’être résignés, nous refusons d’accepter l’inacceptable

Notre action et nos pensées ne sont pas guidées par la charité ou la pitié, mais par un impératif moral : la dignité collective et donc, l’humanisme universaliste. À Lyon, la solidarité ne se mesure pas aux seuls actes de bienveillance, mais à la volonté profonde de faire naître un avenir où chacun, sans exception, puisse avoir un toit et un avenir à construire. 

Ce ne devrait pas être un vœu que vous lisez ici, mais une promesse immuable et inconditionnelle.

Je tenais à vous remercier, parce que chacune et chacun, vous avez été là pour vous dresser contre cette injustice. Les habitantes et habitants, collectifs, bénévoles et associations, ce sont bien vous qui permettez de faire exister l’action politique humaniste partout, faisant la force de notre ville et apportant soutien et actions là où c’est nécessaire. Ce moment me permet de vous faire une annonce. Pour le reste de mon mandat, je serai à l’Assemblée nationale présidente du groupe d’étude pauvreté, précarité, non-recours aux droits et sans-abrisme. Et je compte bien tout faire pour mettre les gestionnaires de la crise actuelle devant leurs responsabilités, celles de leur inaction et du non respect de la loi. Ainsi, la première chose que j’y ferai sera de convoquer la Ministre du logement, pour l’auditionner sur le fait que 2 043 enfants dorment à la rue chaque nuit, et que 330 000 personnes sont sans domicile.

Mayotte :

Et alors que j’évoque ici le droit à un logement et à une vie décente, en ce début d’année 2025, nos pensées vont vers nos concitoyennes et concitoyens Mahoraises et Mahorais. Mayotte était placée encore aujourd’hui sous vigilance rouge à cause d’une nouvelle tempête et toujours dans l’absence totale de planification de la part de l’État. Il est temps de prendre conscience que Mayotte n’est pas un territoire « lointain », mais un morceau de notre République. Derrière ce tableau sombre, il y a un peuple, celui des Mahorais, qui lutte chaque jour pour sa dignité, pour ses droits fondamentaux, pour un avenir juste et égalitaire. À travers cette situation, l’égalité des droits est meurtrie, alors que l’accès à l’eau, à l’éducation et à la santé sont des enjeux complètement dissemblables à ce que nous connaissons ici

Là-bas comme ici, le constat est simple : l’urgence climatique règne. Catastrophe naturelle, pollution de l’eau et de l’air, pollution sonore, passoires thermiques… Le peuple français souffre de cette inaction climatique, pendant qu’une minorité profite de manière abondante, détruisant tout. Mayotte doit enfin vivre selon les principes de la République : l’égalité, la fraternité et la liberté, non pas sur le papier, mais dans la réalité du quotidien. 

Extrême droite, Trump, fascisme :

Les années que nous traversons sont également celles qui semblent permettre le retour des idées réactionnaires, identitaires et individualistes. En France, en Allemagne, dans l’Europe comme dans le monde, l’extrême droite se nourrit de la peur qu’elle fait naître elle-même par la désinformation et menace nos ambitions de paix et de vivre ensemble. À l’image de la réélection de Donald Trump aux États-Unis ou de Javier Milei en Argentine, partout, des leaders autoritaires, des groupes extrémistes, exploitent la confusion pour avancer leurs pires idées. Leur guerre contre toute forme de liberté, contre l’émancipation collective et contre la pensée critique est alors en marche. Comme le passé l’a montré, ils trouveront cependant toujours sur leur passage les partisans de la liberté et de la fraternité.

Là où trop de nos concitoyens et concitoyennes sont pris pour cible, nous devons lutter sans relâche contre le déploiement d’un racisme qui vise à nous diviser et à nous affaiblir. La stigmatisation de nos concitoyens et concitoyennes en raison de leur appartenance religieuse réelle ou supposée ou de leur couleur de peau n’a pas sa place. Cette phrase paraît peut être simple et assez quelconque. Et pourtant en la lisant bien, nous trouvons en ses chairs le contenu même de notre mission. Toujours et partout, ne pas laisser de place et refuser que s’installe la xénophobie et l’horreur. Qu’il s’agisse de l’islamophobie qui gagne du terrain dans nos écrans et nos rues comme du fléau infâme qu’est l’antisémitisme et de toute stigmatisation qui s’opère injustement sur nos concitoyens et concitoyennes du fait de leur religion. 

La panthéonisation de Marc Bloch, résistant lyonnais dont le combat nous traverse et nous inspire tous et toutes a montré la nécessité de se rassembler contre le racisme et toutes les formes de discriminations. L’inauguration future d’un mémorial des victimes de la Shoah à Lyon sera un signe puissant pour ne jamais oublier avec quelle force et abnégation le combat contre le fascisme doit se poursuivre. Je fais le vœu pour 2025 que les crimes homophobes et transphobes soient combattus. Je crois en nous, pour parvenir à transmettre et à lutter pour que chacun et chacune gagne en liberté, en sécurité et en épanouissement en cette nouvelle année, peu importe son genre ou son orientation sexuelle.

Le vœu du cessez-le-feu : 

L’année qui s’achève aura bien sûr également été marquée par des pertes civiles dans des conflits armés et dans des massacres sans nom. Par l’humanité qui nous lie et nous rassemble, pensons collectivement aux victimes de Gaza, en Ukraine, au Liban, et dans de trop nombreux endroits. Exigeons que le droit international soit notre boussole, et qu’il s’applique aux responsables de ces guerres et de ces crimes contre l’humanité. Il en dépend de la victoire ou de l’échec de cette dernière.

Aux niveaux national comme international, si des oppressions se sont exercées cette année sur de trop nombreux corps, les femmes en sont tout particulièrement victimes. Que ce soit la dégradation des conditions de vie des femmes en Iran par la perte de quasiment toutes les libertés, les attaques état-uniennes contre le droit à l’avortement ou la perpétuation des violences sexistes et sexuelles, partout, l’ennemi est le même. Celui de la pensée théorisée et mise en pratique de la supériorité de l’Homme, du patriarcat, qui entraîne violence, dominations et crimes.

Alors, si les défis sont nombreux en 2025, souvenons-nous que nous avons su dans l’année écoulée se rassembler pour la justice. Derrière notamment la courageuse Gisèle Pélicot, à qui j’adresse un remerciement infini pour la manière avec laquelle elle a porté, la tête haute et le regard ferme, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. 

Les défis à venir : vers un Lyon plus solidaire et écologique

L’année qui s’achève a été marquée par des événements climatiques extrêmes, des inondations inattendues et meurtrières, des périodes de chaleur qui nous font souffrir toutes et tous, avec un exemple encore cette semaine, à Los Angeles. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons faire face à l’urgence écologique. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous préparer à l’enchaînement de ces crises, et faire en sorte que l’activité humaine n’en soit plus la cause, le moteur, et l’amplificateur. Nous avons besoin d’une bifurcation écologique rapide, radicale et ambitieuse qui passe par la planification, pour envisager un demain, pour nous et nos enfants.

Cette transition ne peut se faire sans nous, le peuple. J’ai confiance en l’année qui s’ouvre comme plus tard en notre capacité à pouvoir participer et planifier ce changement, en mettant en place des politiques publiques fortes orientées vers l’écologie populaire. De notre côté, mes collègues et moi continuerons d’être à la fois sur le terrain et à l’Assemblée nationale, pour tenter de vaincre les défis qui se dressent avec toute notre énergie et nos convictions. Nous continuerons, encore cette année, à construire un chemin qui permet de rassembler encore, autour d’une vision du monde que nous partageons, celle de la cité humaniste et fraternelle.

Un appel à l’engagement collectif :

Il nous appartient de choisir quelle société nous voulons pour les années à venir. Une société d’inégalités ou une société d’égalité ? Une société d’indifférence ou une société de solidarité ? Une société où l’individualisme prime ou une société où l’intérêt collectif et l’émancipation de tous guident notre action ?

De nombreux facteurs vont dans le bon sens, et ne peuvent être oubliés malgré la difficulté endurée par d’autres. La solidarité, l’engagement collectif et les luttes populaires s’intensifient. Les régimes antidémocratiques voient leurs jours comptés. Les citoyennes et citoyens sont demandeurs de dispositifs de démocratie participative, veulent s’impliquer davantage dans la vie de la cité. Le devoir de mémoire se poursuit encore et entretient la flamme du sacrifice que tant des nôtres ont fait pour que nous puissions un jour prétendre au parfum d’un monde pacifié, unifié et juste

Chaque action, aussi modeste soit-elle, devient une étincelle qui, peu à peu, éclaire notre chemin. La jeunesse, porteuse d’espoir et d’idées nouvelles, se lève et refuse l’indifférence. Les voix de celles et ceux qui ont été étouffés par le poids des injustices trouvent, enfin, le courage de s’exprimer. Ces luttes, ces résiliences tissées de rêves et de révoltes, sont le terreau d’un avenir plus lumineux. 

C’est dans cette union, dans cette quête inlassable pour plus de liberté, d’égalité et de fraternité, que réside notre force. Ce n’est pas un monde parfait qui nous attend, mais un monde qui a besoin d’être forgé  de nos mains, de nos convictions et de notre humanité. La flamme de l’espoir brûle encore, plus vive que jamais. 

Louise Michel disait ne pas savoir où se livrerait le combat entre le vieux monde et le nouveau, mais promettait d’y être. Nous y serons.

Très belle année 2025 à vous.

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