đź”´ La psychiatrie publique est au bord de l’effrondrement !

Ce mercredi 27 mai, je suis intervenue en Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale dans le cadre de l’évaluation de la réforme du financement de la psychiatrie, menée par les rapporteurs Élise Leboucher et Sébastien Peytavie.

J’y ai alerté sur l’effondrement de la psychiatrie publique, l’explosion des besoins en santé mentale et l’urgence de renforcer notre service public du soin.

Ma prise de parole est à retrouver ci-dessous en vidéo et en texte.

Le texte du discours :

Monsieur le président, madame monsieur les rapporteurs, chers collègues,

J’aimerais tout d’abord remercier mes collègues et camarades Elise Leboucher et SĂ©bastien Peytavie pour le travail sĂ©rieux et essentiel fourni dans le cadre de cette Ă©valuation de la rĂ©forme du financement de la psychiatrie. Malheureusement comme on pouvait se l’imaginer, la situation est catastrophique : notre système de psychiatrie publique est en train de s’effondrer sous le poids de politiques dĂ©sastreuses. 

La réforme de 2020, enfermée dans la prison de l’Ondam, refuse de voir que les besoins sont massifs, et qu’ils augmentent. Aujourd’hui en France, une personne sur 5 est touchée par des troubles psychiques dans sa vie ! Chez les jeunes, la détresse explose. Et le nombre de suicides est lui, malheureusement, en hausse. 

En quatre ans, le nombre de consultations aux urgences pour motif psychiatrique a explosé, mais pourtant, l’accès aux soins régresse pour les nouveaux patients… Nous sommes dans une véritable situation d’urgence sanitaire, qui nécessite un changement d’horizons. Alors il est temps de gouverner par les besoins, et non selon des injonctions libérales, où les finances publiques dictent qui on soigne et qui on laisse sur le bas-côté. Nous devons avoir l’ambition de soigner tout le monde, et pour ça, il nous faut un service public fort.

Aujourd’hui, l’hôpital public assume 95 % de la pédopsychiatrie et les pathologies les plus lourdes, et ce à moyens constants alors que les besoins augmentent. Pendant ce temps, des cliniques privées lucratives enchaînent les hospitalisations à temps complet pour dégager des marges exceptionnelles de près de 9 % !!! La souffrance psychique est le secteur de santé le plus rentable pour les grands financiers. 

L’urgence est de repenser notre système de santé, en renforçant ses moyens financiers et humains, en simplifiant les parcours de soins et en augmentant le temps alloué à la psychiatrie dans les formations aux métiers du soin.

Il faut aussi rompre avec la logique de la médicalisation à outrance et la déshumanisation des processus de soins.

Alors Madame, Monsieur les rapporteurs, au-delà de l’évaluation que vous nous avez fourni et qui dresse un constat implacable, vers quel système pensez-vous que nous devons aller pour avoir un système de soin pleinement efficace ?

Ne faut-il pas enfin planifier la sortie du secteur lucratif de la santé mentale ?

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