En cette Journée mondiale de la santé, j’interpelle la ministre déléguée à la Santé sur la situation alarmante des urgences hospitalières, notamment aux Hospices Civils de Lyon.
Soignant·es Ă©puisĂ©s, services saturĂ©s, conditions de prise en charge dĂ©gradĂ©es … le macronisme est responsable de la souffrance des professionnel·les et du fait que l’hĂ´pital public soit Ă bout de souffle. Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes qui tirent la sonnette d’alarme, et des patient·es qui voient leur accès aux soins compromis.
Membre du groupe La France Insoumise, je porte leur voix à l’Assemblée, que ce soit dans mes travaux aux quotidien au sein de la Commission des Affaires sociales, ou à travers cette question orale sans débat. Il est urgent de donner des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins et de mettre fin à l’abandon de notre système de santé. La santé n’est pas une variable d’ajustement. C’est un droit fondamental.
Le discours : Madame la présidente, Madame la ministre, chers collègues,
Partout dans le pays, c’est le mĂŞme Ă©cho qui rĂ©sonne. Des paroles de dĂ©tresse, des mĂ©decins, infirmiers et personnels hospitalier Ă bout de force et Ă bout de nerf. “ J’aime mon mĂ©tier mais je n’en peux plus” ; “C’est intenable” nous disent-ils. Madame la ministre dĂ©lĂ©guĂ©, les services d’urgence sont en Ă©tat de « saturation majeure » :Â
- se faire soigner rapidement dans les urgences françaises est devenu impossible
- le personnel hospitalier est Ă bout de force
- et les vies humaines en deviennent hiérarchisées
Mais je ne vous apprends rien. Vous le savez. Et pourtant que faites vous ?
Le 26 dĂ©cembre 2025, en plein pic de grippe hivernale la ministre Rist est allĂ© aux Hospices Civils de Lyon visiter les services. Alors que le service d’urgence Ă©tait saturĂ©, vous n’avez mĂŞme pas pris le peine, ni le temps de rencontrer les soignants en grève qui travaillent en service dĂ©gradĂ©. Des femmes et des hommes qui alertent, courageusement, sur l’état de l’hĂ´pital public. Dans les hĂ´pitaux Edouard Herriot et Lyon-Sud, Croix Rousse, les manque de soignants et de matĂ©riel ont des consĂ©quences dramatiques.
DĂ©jĂ en octobre, puis en janvier, des droits d’alerte ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©s par les organisations syndicales face Ă une surcharge d’activitĂ© et Ă une situation de dĂ©tresse des agents. Les Ă©quipes sont Ă©puisĂ©es par le manque d’effectif et en grande difficultĂ© de ne pouvoir apporter des soins de qualitĂ©.
Travailler aux urgences est devenu une souffrance Madame la ministre.
Cette situation catastrophique que vous laissez courir met en danger Ă la fois le personnel et les patients. Ils dĂ©noncent aujourd’hui un mal-ĂŞtre profond, liĂ© Ă des conditions de travail très pĂ©nibles, accentuĂ©es par des effectifs insuffisants, et des temps d’attente inquiĂ©tants pour les patients.
La semaine dernière, une nouvelle grève à débuté, cette fois-ci aux urgences de la Croix-Rousse, avec une revendication simple le maintien des trois postes de renfort dont ils disposaient jusqu’à présent.
Un maintien nécessaire pour garantir un bon accueil et la viabilité du travail des soignants. Madame la ministre delégué, aujourd’hui ces soignants en grève et représentants syndicaux se trouvent dans cet hémicycle, en tribune, allez-vous, cette fois-ci, répondre à leurs revendications ou allez-vous à nouveau vous défiler ?
Lecture finale d’un Ă©crit des reprĂ©sentants et reprĂ©sentantes syndicales en grève Ă Lyon :
“Madame la Ministre, Les urgences des HCL, comme celles de tous les CHU, agonisent : grèves aux urgences de l’hôpital Edouard Herriot, Lyon Sud et la Croix Rousse. Dangers signalés, files d’attente interminables. Toute la chaîne hiérarchique est impactée, du SAMU aux lits d’aval. Donnez-nous des moyens humains et matériels constants, pérennes, liés aux besoins réels des usagers lyonnais.
Stoppez la saignée budgétaire annuelle qui prive nos institutions publiques de leur mission ! Les HCL, 2ème CHU de France, 24000 agents médicaux et non médicaux, exigent des actes maintenant.” Chaque année, les passages aux urgences des HCL explosent un peu plus, atteignant 272 379 en 2024 contre une capacité dimensionnée pour bien moins. Cette hausse continue sature nos services, épuisant soignants et cadres jusqu’au drame psychologique, avec grèves et alertes de dangers graves et imminents depuis janvier 26.
La CGT des HCL, au nom de de la dignité des soignants et de l’accueil de la population exigent des moyens humains et matériels constants, en adéquation avec l’activité réelle. »
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